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Il y a un Avant le confinement avec les open-spaces bruyants, fortement décriés. Il y a un Après, après l’expérience du télétravail pour un grand nombre. Est-ce que la formule magique résiderait dans une généralisation du travail à distance pour régler le problème du bruit et de ses impacts santé ? Avis des experts de l’association JNA.

 

Avant. 7 collaborateurs sur 10 (*) déclaraient des difficultés de compréhension de la parole pendant leur temps de travail. Ils indiquaient alors des répercussions sur leurs capacités de concentration, sur leur état de fatigue et de lassitude, sur leur nervosité.

#EtAprès. Avec l’expérience du télétravail, certes le niveau ambiant général de bruit s’avère moins élevé mais l’oreille reste sollicitée. Les réunions en distanciel se cumulent et avec elles la nécessité de maintenir une capacité à bien entendre pour bien comprendre. Le stress acoustique exercé sur les mécanismes de l’oreille demeure et la dose peut rester importante en se cumulant avec des heures d’écoute de musique avec casque ou oreillettes pour s’isoler. Pour maintenir un collaborateur performant, il faut s’assurer de ses capacités à bien comprendre la parole notamment en distanciel.

Avant. Le bruit donnait le sentiment de dynamisme individuel et collectif.

#EtAprès. Avec l’expérience du télétravail, l’être humain a fait une expérience autre, qui lui est apparue à la fois plus agréable et plus anxiogène, lui rappelant l’isolement et le confinement. Le risque est de revenir au fonctionnement d’avant par effet de manque, par addiction, par croyance que le bruit est inéluctable, incompressible dès qu’il y a un collectif. Les programmes de gestion de stress ont de beaux jours devant eux tant que l’être humain ne comprendra pas que le bruit génère un stress acoustique sur les mécanismes de l’oreille et s’accompagne alors de fatigue, de nervosité, de perte de concentration…et de pertes économiques. Une nouvelle clé santé existe pour vivre autrement, plus en forme, plus efficace.

Avant. Le sentiment d’impuissance à réduire le niveau sonore résidait un peu partout sur les open- space.

#EtAprès, il est possible que le télétravail donne le sentiment d’apporter LA réponse à la gestion du bruit et aux exigences économiques. Mais l’être humain est aussi un mammifère qui de fait, a besoin de vivre en collectif, en relation « réelle » pour son équilibre psychoaffectif. Les 3 fonctions clés de l’audition (la communication, les émotions, l’alerte) sont au service de son équilibre santé mais plus largement en étant aussi support de la qualité de sa vie sociale. Est-ce que tout a été expérimenté en matière d’approche globale : architecture, acoustique, comportemental, santé pour favoriser un environnement adéquat à son développement ? Le bruit agit comme un agent toxique sournois et les oreilles sont en première loge.

De ces nouvelles réflexions peuvent naître un meilleur équilibre économique reposant sur un autre socle santé, un « otpimum optimorum » alliant gains santé et gains économiques. La période a montré que l’économique reposait avant tout sur la santé de l’être humain, être de production avant « homoéconomicus ».

Une nouvelle écologie santé est développée par les experts de l’association JNA et fera partie des événements et des actions de sensibilisation organisées dans le cadre de la 4e édition de la campagne nationale Semaine de la Santé Auditive au Travail, qui se tiendra du 12 au 16 octobre 2020.

Infos : sante-auditive-autravail.org        

(*) Enquête Ifop JNA octobre 2019 «Bruit et santé auditive au travail – Les oreilles des Français sous pression »

Campagne Sante Auditive au Travail 2020

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